« Il y a des blessures que l’on ne voit pas, mais que le cœur n’oublie jamais. »
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Il existe des blessures invisibles.
Des manques qui rongent en silence, bien après l’enfance.
Pendant longtemps, j’ai cru que c’était moi.
Que je n’avais pas été assez sage, pas assez douce, pas assez quelque chose pour mériter pleinement sa tendresse.
Alors, j’ai appris à me taire.
À sourire même quand ça faisait mal.
À tendre la main sans jamais être certaine qu’on la saisirait.
J’ai cherché dans mille regards ce que j’aurais voulu trouver dans un seul.
J’ai aimé trop vite, trop fort, trop mal.
Tout cela pour remplir le vide laissé par celle que j’appelais maman.
Mais un jour — un jour différent de tous les autres — j’ai compris.
Pas dans la tête.
Pas avec des mots.
Dans mon corps.
Dans ce creux précis, entre la gorge et le cœur, là où logeaient mes larmes jamais versées.
Ce n’était pas moi.
Ce n’était jamais moi.
Ce n’était pas mon manque, mais son incapacité.
Pas ma faute, mais son histoire.
Ce jour-là, je n’ai plus attendu qu’elle me regarde.
Je me suis regardée moi-même.
Je n’ai plus crié qu’elle m’entende.
J’ai écouté l’enfant blessé en moi, et je l’ai serrée contre mon cœur.
Je n’ai pas excusé.
Je n’ai pas oublié.
J’ai simplement cessé de porter ce qui ne m’appartenait pas.
J’ai tendu la main à la petite fille que j’avais été.
Je l’ai relevée.
Je l’ai bercée.
Et je lui ai dit :
« Je suis là.
Je ne te laisserai plus jamais seule. »
Ce jour-là, je n’ai pas réparé ma mère.
Je me suis réparée moi-même.
Et depuis, je respire.
Entière.
Libre.
Vivante.
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